lundi 24 septembre 2012
mardi 18 septembre 2012
jeudi 13 septembre 2012
cruel duvet
Les arbres formaient une forêt sombre et dense, une
voûte contre laquelle les rayons du soleil se heurtaient et mouraient jusqu’à
l’arrivée de la nuit. Alors la lune prenait leur place et trouait le ciel noir,
ne laissant à la lumière que la surface de son cercle parfait. Des fourmis cavalaient entre les
feuilles et les branches tombées à terre, se faufilaient, escaladaient,
dégringolaient, se redressaient, repartaient, tombaient, piétinaient, parfois
mouraient elles aussi. Un oiseau aux yeux jaunes sautait par-dessus les racines
tordues d’un chêne au tronc pelé. Des vers s’étaient glissés sous son écorce et
avaient mangé sa chair blanche, avant de s’en aller vers un autre festin. Sous
la mousse rampaient des milliers de minuscules créatures voraces, à l’appétit
insatiable, dont les pattes étaient pourvues d’aiguillons, les yeux de
facettes, la bouche de crochets.
Joël marchait en levant haut les genoux pour ne pas
les égratigner aux épines des ronces, mais il ne pouvait éviter le cruel duvet
des orties.
mercredi 12 septembre 2012
15h15
Le petit garçon descendit les marches du perron, fit
cinq pas et s’arrêta. Son regard embrassa la rangée d’arbres de l’autre côté de
la route, les voitures garées le long du trottoir, le tas de feuilles mortes
dans le caniveau entre une Audi noire et une Volvo grise, et le panneau
signalant une série de ralentisseurs. Il s’accroupit, tenta plusieurs fois de nouer
le lacet de sa tennis droite, finit par enfoncer les extrémité du cordon de
part et d’autre à l’intérieur de la chaussure, se releva, alla jusqu’au bout de
l’allée, hésita un instant, puis traversa la route et disparut derrière la haie.
L’horloge
murale du salon dans la maison qu’il venait de quitter affichait 15h15. Sur la
table basse, une fourmi escaladait la paroi du compotier où finissait de
pourrir une minuscule pomme reinette. La baby-sitter dormait sur le canapé, le
pouce gauche dans la bouche, les quatre autres doigts repliés sur l’arête du
nez, la main droite posée sur son ventre nu où brillait un piercing bleu.
lundi 10 septembre 2012
mardi 28 août 2012
le rythme de la rivière
Devant nous, la rivière dorée coulait paisiblement, comme à son habitude. Jamais cette rivière n’avait osé se déchaîner, même lorsque la mémorable tempête du mois de juin 3013 avait détruit la ville. Pas une ride n’avait alors effleuré sa surface. Sur ses berges les arbres s’effondraient, déracinés, tendant vers le ciel leurs suppliques exaltées. Les cailloux et les rochers s’entrechoquaient dans un fracas de fin du monde, les blés se couchaient sous le poids des nuages affolés qui déversaient des gouttes d’eau aussi rondes et lourdes que des ballons remplis de sable. Mais le rythme de la rivière était resté le même.
Saskia s’est levée, a franchi les quelques mètres qui la séparaient de l’eau et y est entrée. Sa chevelure s’est étalée autour d’elle comme une méduse. Et j’ai entendu dans ma tête le nom que sa mère lui avait donné.
vendredi 24 août 2012
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