© Ce blog présente les ouvrages de
Camille Rouschmeyer
parmi ses écrits et ses photographies au jour le jour.





lundi 10 septembre 2012

Midi


mardi 28 août 2012

le rythme de la rivière


Devant nous, la rivière dorée coulait paisiblement, comme à son habitude. Jamais cette rivière n’avait osé se déchaîner, même lorsque la mémorable tempête du mois de juin 3013 avait détruit la ville. Pas une ride n’avait alors effleuré sa surface. Sur ses berges les arbres s’effondraient, déracinés, tendant vers le ciel leurs suppliques exaltées. Les cailloux et les rochers s’entrechoquaient dans un fracas de fin du monde, les blés se couchaient sous le poids des nuages affolés qui déversaient des gouttes d’eau aussi rondes et lourdes que des ballons remplis de sable. Mais le rythme de la rivière était resté le même.
Saskia s’est levée, a franchi les quelques mètres qui la séparaient de l’eau et y est entrée. Sa chevelure s’est étalée autour d’elle comme une méduse. Et j’ai entendu dans ma tête le nom que sa mère lui avait donné.  

vendredi 24 août 2012

Au bord de l'eau


mercredi 27 juin 2012

l'enfant endormi


Ouvrant de grands yeux, le pouce toujours dans la bouche, la fille à qui elles avaient confié leur petit garçon ne paraissait pas beaucoup plus âgée que lui, et Lou éprouva un peu de remords, aussitôt remplacé par une soudaine inquiétude. Que faisait Joël, justement ? Elle se précipita dans l’escalier menant à sa chambre et ouvrit la porte sur laquelle étaient suspendues en arc de cercle les quatre lettres de son prénom.  Il dormait, en position fœtale comme à son habitude, les deux poings serrés sous son menton, les lèvres tétant dans le vide. Eprouvant un soulagement irrationnel – qu’aurait-il pu donc faire, à cette heure de l’après-midi, sinon la sieste ?! – Lou se pencha sur l’enfant endormi et embrassa son front, qui lui parut chaud. Elle y posa la main. En effet, il avait certainement un peu de fièvre, pas étonnant avec la chaleur qui n’avait cessé d’augmenter depuis le lever du jour.

jeudi 21 juin 2012

cet espace infime


Je me suis assis juste à côté de sa main posée à plat sur l’herbe, doigts écartés. Elle avait des ongles très courts, qui laissaient voir l’arrondi du bout de ses doigts, leur chair dense et luisante. J’ai posé ma main contre cette étoile de mer, jusqu’à la toucher, mais pas tout à fait. Combien de centièmes de millimètres séparaient ma main de la sienne, me suis-je demandé. Un brin d’herbe très fin, dont l’extrémité avait dû être mangée par un insecte, émergeait de cet espace infime. Si je coupe ce brin d’herbe et le rapporte chez moi pour le mesurer, je saurai précisément la distance qui me sépare d’elle, ai-je pensé. Et j’ai ouvert la bouche pour lui dire cela. Mais aucun mot n’est sorti de ma bouche, car l’étoile de mer avait bougé sans que je m’en aperçoive et était venue se plaquer sur mes lèvres. Je sentais le creux palpitant de son centre, un cœur débordant de vie, sa fraîcheur, et les cinq branches de l’étoile ont glissé sur ma joue, emportant avec elles ces centièmes de millimètres qui m’avaient séparé d’elle.

samedi 28 avril 2012

A l'horizon


jeudi 12 avril 2012

Sang bleu





Extrait de ARBRES
(vient de paraître)