© Ce blog présente les ouvrages de
Camille Rouschmeyer
parmi ses écrits et ses photographies au jour le jour.





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lundi 28 novembre 2011

sans avoir peur

"Mes enfants m'ont souvent reproché d’avoir trop d’angoisses par rapport à eux. Je n’ai pas appris à aimer autrement. Est-il possible d'aimer sans avoir peur de perdre ceux qu'on aime ? Et sans se sentir coupable de trop aimer ou d’aimer mal ?"


Extrait de épidermie

vendredi 11 juin 2010

amoureuse

"Elle souriait au photographe, mais aussi au monde qui l’éblouissait et à ceux qui la regarderaient, bien qu’elle n’y pensât point à ce moment-là ; elle était amoureuse et cela lui faisait aimer tous les autres, les passants, les enfants, les vieux, tous les gens, et ceux qui un jour verraient la photographie."


Extrait de Pour les enfants

jeudi 20 mai 2010

Le petit Coline

"Le petit Coline était blond comme les blés, il avait des joues rondes et souriait tout le temps, même dans son sommeil. Le soir, avant de le coucher, il fallait attacher à ses jambes, dont les genoux étaient gros et osseux, des attelles qui allaient de la cheville jusqu'à l'aine. Il riait aux éclats quand je les lui mettais, ça le chatouillait et je riais avec lui. Je le bordais bien serré dans le grand lit de mes parents, qui lui avaient prêté leur chambre, et je m'allongeais à côté de lui et caressais ses cheveux en lui racontant une histoire. Il ne parlait pas. Il acquiesçait de la tête et souriait des yeux et de la bouche à ceux qui s'occupaient de lui.
Le dimanche il y eut la fête foraine. J'emmitouflai le petit Coline, nouai sous son menton les cordons de son bonnet, serrai les lacets de ses chaussures orthopédiques, et je l'emmenai à la fête. Je montai avec lui sur un grand cheval de bois qui glissait le long de sa tige, galopant au ralenti. Les joues du petit Coline étaient presque aussi rouges que le pompon de son bonnet ; comme il était enrhumé, deux chandelles de morve coulaient de ses narines et des larmes de froid s'échappaient de ses yeux brillants. Ses doigts étaient glacés parce qu'il avait voulu enlever ses moufles pour prendre les rênes. Je serrai contre moi le petit Coline en me jurant que si un jour j'avais un enfant comme lui, je l'aimerais aussi fort. Il était l'innocence personnifiée et lorsque des camarades de classe me questionnèrent au sujet de cet enfant à l'air étrange, je regrettai de ne pas pouvoir leur répondre que c'était mon petit frère."



Extrait de Pour les enfants

vendredi 7 mai 2010

Mères

"J'ai des rides, des cheveux blancs, je suis souvent fatiguée, même sans raison particulière, et pourtant je sens en moi la femme jeune et insouciante qui bataille, qui a envie de solitude, de voyages, de grands espaces et d'intimité avec son amoureux, et qui n’a pas besoin ou n’est pas obligée de penser sans cesse aux enfants. Mais la mère parfaite n'a pas dit son dernier mot. Parce qu'au moment même où je vous ai dit tout ça, elle a sursauté, et la femme jeune et insouciante s'est aussitôt sentie moins jeune et moins insouciante. Elles cohabitent en moi, la mère parfaite et la mauvaise mère. Elles se livrent une guerre futile et stupide, puisque jamais l'une ne gagne sur l'autre."



Extrait de épidermie

jeudi 15 avril 2010

La couleur verte



















Prochainement un extrait en ligne...